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ven., 19 février 2016

A propos du concert du 19/02 par l'EDIM

Vu par Thomas Touzan ; Batteur, Élève en DEM Jazz à l’EDIM & vu par Yacine Laggoune : Guitariste, Élève en DEM Jazz. Tony Allen tribute to Art Blakey Michel Portal "Minneapolis"

Vu par Thomas Touzan. Batteur. Élève en DEM Jazz à l’EDIM

Tony Allen est l’inventeur de l’Afro Beat et un fin technicien. C’est tout d’abord pour cela que j’ai voulu le voir. Puis j’ai lu qu’il rendait hommage à Art Blakey. Etant un grand fan de ce dernier, de son shuffle incontournable et de ses grondements de tambours féroces, je ne pouvais qu’adhérer à ce concert. J’étais aussi curieux de voir Tony Allen et son jeu plutôt léger devenir aussi percussif que son ancien mentor. Ce qui, à ma grande déception, il ne fit…
Cependant, voir et entendre le créateur de la batterie Afro Beat fut une leçon et une inspiration. On a pu entendre de grands morceaux joués par les Jazz messengers tels que Moanin’, Night in Tunisia et The Drum Thunder Suite.
On peut aussi souligner la performance du saxophoniste alto soprano Jowee Omicil qui nous donna des réinterprétations de thèmes intéressantes, subtiles, en nous transmettant son énergie, son amour pour la musique, avec des solos à mi-chemin entre l’Afrique et les Etats-Unis.

Je ne connaissais pas Michel Portal avant ce soir-là.
Je savais juste qu’il jouait de la clarinette basse : instrument que j’affectionne particulièrement. C’est donc sans attente, (mise à part celle d’entendre sa clarinette), que j’assistais à cette deuxième partie. Je fus tout de suite charmé par l’ambiance du premier morceau, une jungle sonore faisant penser au Beaches Brew ou au Live-Evil de Miles Davis.
J’ai beaucoup aimé le son d’ensemble avec les effets lunaires du guitariste Vernond Reid, mêlés de grappes de sons du pianiste Tony Hymas, se posant sur un duo basse/batterie d’enfer, avec Stockley Williams à la batterie et Sonny Thomson à la basse. Ces deux derniers nous gratifièrent même de leur voix funky.
Un très beau moment pour ma part, fut le dernier rappel, quand Michel Portal se retrouva seul devant son public, attendant la fin des applaudissements pour en placer une. Mais voyant que l’assistance n’en finissait pas, il reprit sa clarinette et se remit à jouer, au grand plaisir de la salle.A ce moment-là, ses musiciens qui avaient quitté la scène s’empressèrent de revenir à leur instrument pour l’accompagner sur un dernier morceau qui semblait pour eux, être improvisé.

Vu par Yacine Laggoune : guitariste, élève en DEM Jazz

Tony Allen tribute to Art Blakey

Le quartet de Tony Allen nous a fait revisiter le répertoire hard-bop à la sauce afrobeat. Son jeu de batterie, si particulier, était au rendez-vous.

Après l'exposition des thèmes, les chorus s'ouvraient sur des grooves très efficaces et des structures harmoniques plutôt modales. On aura reconnu Invitation, Night in Tunisia, Moanin', avec souvent une interprétation du thème très personnel de la part du saxophoniste alto Jowee Omicil, l'influence de Fela Kuti était là. Jean Philippe Dary, à la fois au piano à queue et au Rhodes, a manié avec habileté les deux sons. La teinte hard-bop se manifestait par des riffs syncopés de piano, si caractéristiques au style. La contrebasse prenait sa place, entre les mains de Matthias Allamane, avec des chorus très en phase avec le jeu de Tony Allen. Des improvisations très rythmées. On peut définir la musique du groupe comme de l'Afro-Beat-Jazz. Une musique sur laquelle l'on aurait pu danser tout au long du concert.

Michel Portal "Minneapolis"

Formation plus qu'improbable que celle de l'album "Minneapolis". Michel Portal nous aura confiés sur scène qu'ils n'avaient pas joué ensemble depuis 15 ans. La guitare, aux multiples sons électriques, de Vernon Reid avec ses solos blues-rock psychédéliques. Le clavier électrique de Tony Hymas, une patte jazz fusion n'ayant pas peur de l'utilisation des effets. Sonny Thompson, le bassiste au groove déterminé, a fait découvrir sa magnifique voix en offrant 2 chansons. Ainsi que le jeu de Stokley Williams, qui nous a agréablement rappelé celui de Terry Bozzio. On était entre Miles Electric, Frank Zappa, ou même parfois les Brecker Brothers...

Michel Portal a fait chanter sa clarinette basse, ses saxophones soprano et alto, au travers de belles phrases très mélodiques. Magnifique soirée, riche en couleurs, dans la grande salle de la Maison des Arts de Créteil. Un lieu confortable qui possède un son très flatteur, de bonne qualité.