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Sat, 06 February 2016

A propos du concert du 6/02 par l'EDIM

Vu par Valentin Sicot. Saxophoniste Soprano. Elève en prépa DEM JAZZ. À l'image du pendule, Tony Malaby balance autour de son centre de gravité, avec à l'esprit l'idée fixe : la percée vers l'inconnu. Les cercles tracés dans l'obscurité par sa jambe gauche nous disent que le travail a commencé.

Avec notre prise de conscience de cette instrumentation personnelle, la formation Tubacello du saxophoniste Tony Malaby esquisse une rencontre des sons. Les musiciens sont groupés autour d'un halo de lumière filtré au centre de la scène, le reste du théâtre encore plongé dans le noir.
L'interaction se développe autour des rôles changeants auxquels sont associés les musiciens. La mélodie, l'harmonie et la rythmique sont jouées par chacun d'entre eux, le batteur combinant batterie et piano.
Lorsque Tony Malaby improvise, ce sont des phrases instinctives, que reproduit tantôt le violoncelliste. Il reprend patiemment son souffle pour mûrir une progression cohérente. Lors des transitions, le groupe se retrouve parfois autour de la pulsation que chaque musicien marque à sa façon, ce qui donne une impression de convulsion, et sont rejointes par les applaudissements qui célèbrent ces retrouvailles.
Tony Malaby nous parle de la violence des oiseaux new-yorkais, plus notable nous dit-il que celle des oiseaux parisiens. Il nous parle de son expérience inouïe du "troutshot", autrement dit de la vodka qui lui a été servie dans une truite gelée. C'est dans cette atmosphère fantaisiste que le batteur n'hésite pas à prendre le revers de ses mailloches et consacre ainsi l'aspect contemporain de cette musique.
On a le sentiment d'un mouvement important entre deux morceaux, d'une marche burlesque à un voyage paranoïaque, soudain, on est propulsé devant le solo de tuba qui semble ramener une profonde insouciance. Tour à tour, les musiciens se retirent. Il ne reste alors plus que le son du vent glacé que l'on sent se faufiler dans la pièce.

L'acuité imprègne toute la pièce, les corps entrent en mouvement, régis par une pulsation aléatoire relevant de l'évidence. Sa rotule déverrouillée décrit des cercle qui absorbent graduellement la salle entière. Son bras s'ouvre maintenant comme un soufflet et libère une nuée d'oiseaux décidés. Son vocabulaire change. La parole est au corps et la musique se développe à l'infini. Dans un mouvement de loquet sa nuque recule alors et c'est du pavillon de son ténor que sont alors propulsés les oiseaux noirs.