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Serge Teyssot-Gay, vu par Guillaume Burkhardt, élève de l'Edim

En tant qu’amateur de rock et de jazz, je ne pouvais pas passer à côté de l’opportunité de prendre des nouvelles musicales de Serge Teyssot-Gay, dont le projet Zone Libre l’associe à deux soufflants issus du jazz (Médéric Collignon le touche-à-tout au cornet et au beatboxing, et Akosh Szelevényi, un habité des featurings sur les derniers disques de Noir Désir, au saxophone ainsi qu’à deux rappeurs, Mike Ladd et Marc Nammour.

Malheureusement, je n’y trouve pas vraiment mon compte. On dirait que Serge Teyssot-Gay revient sur l’Europe, morceau qui clôture la carrière discographique de Feu Noir Désir (et qui mérite de s’y replonger tellement ses thèmes sont plus que jamais d’actualité), mais malheureusement j’ai le sentiment que l’équipe de Zone Libre, malgré tous les talents qui la composent, ne parvient pas à dépasser ou même à égaler l’atmosphère qui se dégageait d’un tel morceau. Le super texte de Bertrand Cantat et les incantations hallucinées de Brigitte Fontaine me manquent, et je n’entends rien de convaincant pour les remplacer. C’est un peu le problème de cette musique, elle semble vouloir laisser la place aux textes, mais si l’on n’adhère pas à ces derniers, il ne reste plus grand-chose à quoi se raccrocher.

Qu’on ne se méprenne pas, ça groove, ça rocke, ça free-jazze, ça fourmille d’influences variées, discrètes mais présentes (afro beat, blues Touareg ?), mais je trouve que Serge Teyssot-Gay se met au final trop en retrait et les boucles de guitare qu’il utilise tendent à cintrer la musique qui ne devient qu’une prod pour des flows de rap qui ne me touchent que rarement. Pourtant Serge Teyssot-Gay n’a besoin de personne pour créer un univers plus personnel et aventureux, il l’a déjà prouvé avec « Silence Radio » sorti en 1996.

C’est pour cette raison que, même si ce concert ne m’a pas touché autant que j’aurai pu l’espérer, je reste certain que Serge Teyssot-Gay n’en a pas fini de chercher et d’explorer. Et le talent, l’honnêteté de sa démarche et ses choix audacieux en termes de collaborateurs sont autant d’éléments qui font que je continuerai à m’intéresser à son travail, même s’il ne me touche pas toujours.

Par Guillaume Burkhardt, contrebassiste en DEM Jazz