édition 2012

. PHAROAH & THE UNDERGROUND       “SÃO PAULO – CHICAGO UNDERGROUND” FEATURING PHAROAH SANDERS
. ARCHIE SHEPP & JOACHIM KÜHN DUO
. DEFUNKT MILLENIUM

18 février 2012
MAC Maison des Arts
Créteil

PHAROAH & THE UNDERGROUND                             “SÃO PAULO – CHICAGO UNDERGROUND”    FEATURING PHAROAH SANDERS

PHAROAH SANDERS / saxophone ténor
ROB MAZUREK / cornet et effets électroniques
CHAD TAYLOR / batterie, Mbira et effets électroniques
MATTHEW LUX / basse
MAURICIO TAKARA / percussions, cavaquinho et effets électroniques
GUILHERME GRANADO / claviers, percussions et samples
RICHARD RIBEIRO / batterie

Pharoah Sanders n’est jamais meilleur que lorsqu’il laisse éclater sa surpuissante joie de jouer. Cette rencontre-ci, avec quelques contrebandiers de Chicago et de São Paulo, promet de l’emmener au loin. Le Chicago Underground Duo, Rob Mazurek et Chad Taylor sont d’abord apparus en 1997, reforgeant l’alliage peaux et métaux, trompette et batterie. Parti vivre à São Paulo dans les années 2000, Mazurek y a formé un groupe jumeau avec quelques faiseurs de sons sachant manier le marimba et le cavaquinho, l’électronique et les échantillonneurs. Leur Brésil est d’autant plus actuel qu’il est futuriste, les influences de la samba ou du maracatu croisant celles du free jazz, chaque musique en transparence l’une de l’autre. Mais une transparence tumultueuse lorsqu’il faut traverser le fracassant barrage de sons que ces companheiros lèvent parfois. Ne reste plus à Pharoah Sanders, dans un tel contexte, fait sur mesure ou démesure, qu’à irradier.

ARCHIE SHEPP & JOACHIM KÜHN DUO

ARCHIE SHEPP / saxophone ténor, saxophone soprano et voix
JOACHIM KÜHN / piano

La signification musicale et artistique de ce duo va bien au-delà de la rencontre entre deux individus, tant chacun d’eux symbolise deux continents, deux cultures qui se sont notamment mises à dialoguer et à vivre ensemble grâce au jazz. L’Europe, à l’histoire culturelle patiemment élaborée et l’Amérique noire, culture apparue dans le fracas historique de deux civilisations entrées en collision. Ils sont faits pour tisser les contrastes : nonchalance/intensité, épuré/volubilité, douceur/acidité, âpreté terrienne/légèreté aérienne. Les mélodies et les timbres de piano romantique se transforment imperceptiblement en attaques percussives, offrant un écrin de braises aux flamboyances blues et free de l’incendiaire saxophone.

DEFUNKT MILLENIUM

JOE BOWIE / voix, trombone et percussions
JASON MARSHALL / saxophone baryton
ADAM KLIPPLE / claviers
KIM CLARKE / basse
TOBIAS RALPH / batterie

De la fin des années 70 à la fin des 80, Joe Bowie a mené une expérience musicale hors-normes avec Defunkt, laissant le souvenir (à) vif d’une formation intraitable, emplie d’énergie et de liberté. Son secret ? Associer funk et punk à travers le filtre d’improvisations free, frayer des chemins inattendus dans l’immensité de la Great Black Music, à la recherche d’un point d’équilibre entre racines et ramifications. Cette nouvelle mouture s’attaque au XXIe siècle avec l’énergie de l’espoir comme du désespoir, propulse un blues de mauvais aloi, célèbre le soleil cou coupé du trombone et des cuivres, le jeu de trombone de Joe Bowie transposant le franc-parler des premiers brass bands dans un autre millénaire. De fait, le Defunkt Millenium mobilise une telle puissance d’histoire collective qu’il nous emporte dans le tourbillon magique d’une musique généreuse et prodigue.