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lun., 11 février 2019

Irreversible Entanglements, 08/02, Alfortville

Strange Fruit en intro. La protest song de Billie Holiday annonce les couleurs. Ce sera rouge et noir, luisants. Couleurs de la lutte, ferment de la musique d’ Irreversible Entanglements qui joue d’emblée la résonance. Avec la salle, avec l’histoire, avec l’actu. Les fruits de la nausée sont encore mûrs. (Charlottesville, entre autres sanglants exemples). Le long appel en alarme vocalisé par Camae Ayawe (Moor Mother) est relayé d’abord par Aquiles Navarro (trompette) puis très vite par Keir Neuringer (sax), laissant aller flotter l’esprit de Billie Holiday là où bon lui semblera. La longue phase unique du set vient de commencer. Le poing ne se baissera pas. « Inviction day is here. » L’invocation est l’élan du verbe de Moor Mother, synonyme chicagoan d’une rappeuse maison comme Casey. Même rage, même veille face aux hoquets de l’histoire. 
Ça profère avec la scansion actuelle et ça ferraille avec ce que chacun des 5 membres du combo aura pu rapporter de l’histoire de la Great Black Music contestataire. Sax, trompette, basse et drums (combo magistral Luke Stewart/Tcheser Holmes). Formation idéale qui boucle avec les premières saillies de la paire Coleman/Cherry. Dans sa tentative freep-hop, le quintet a tété d’évidence la mamelle séminale de l’Art Ensemble, originaire de la même ville. Verbe à flow, muted trompette et drumming libre. Longues montées sonores pétries de mouvements internes, aussi généreux que contradictoires, aussi portées sur le paradoxe que sur l’imprécation franche du collier. Ça vient vous chercher par le col et ça vous raconte 350 ans de luttes noires, de négations blanches et de musiques populaires. C’est pourtant loin, très loin, de se contenter de faire du neuf avec vieux. Au-delà des idiomes free et en lien direct avec les inventions des chercheurs de l’AACM, Irreversible Entanglements a les deux pieds plantés dans le bitume du jour et allume des hymnes décharnés à vous vriller les tripes et le coeur. Certaines luttes ont encore des fruits terribles à faire pousser.
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'Strange Fruit' as a launch. Billie Holiday's protest song tells you now what it's about. Red, black, and shiny. Colours of the struggle, such is the music of Irreversible Entanglements that plays with the room, with History, with the news. The fruits of nausea are still ripe. (see Charlottesville, among other bloody examples). The long alarm call vocalized by Camae Ayawe (Moor Mother) is relayed first by Aquiles Navarro (trumpet) and then by @Keir Neuringer (sax), letting Billie Holiday's spirit floats somewhere else. The long single phase of the set has just begun. The fist will not bend long before « Inviction day is here. » The invocation is the impetus of Moor Mother's verb, a chicagoan synonym for the French rapper Casey. Same rage, same vigilance against the craps of History. 
This set deals with the current scansion and it argues with what each of the 5 musicians was able to bring back from the Great Black Music’s History. Sax, trumpet, bass and drums (Luke Stewart/ Tcheser Holmes, hell of a combo). Line-up that recalls the first ledges of the Coleman/Cherry pair. In its freep-hop attempt, the quintet obviously sucked the seminal udder of the Art Ensemble, from the same city. Fluid voicings, muted trumpet and free drumming. Long sonic rises steeped in internal movements, as generous as they are contradictory, as focused on the paradox as on the frank imprecation. It comes to pick you up by the neck and tells you about 350 years of black struggles, white negations and popular music. However, it is far, very far from being satisfied with making something new with old rags. Beyond the free idioms and linked directly with the AACM searchers, Irreversible Entanglements has both feet planted in the today asphalt and lights up rough hymns to twist your guts and heart. Some battles still have terrible fruits to grow.
Guillaume MALVOISIN

 
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