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jeu., 07 février 2019

Retour sur le Collectif Coax et Peter Brötzmann (1)

"Le 6 février dernier au Generateur de Gentilly , le festival Sons d’hiver avait laissé carte blanche au Collectif Coax. Une soirée pour la musique d’avant-garde où se mélangeaient force et subtilité dans un concert en trois actes.
Cela commence avec la batterie de Lucie Antunes, seule, au milieu de la salle et le public autour. Les enceintes projettent des sons pré-enregistrés, on reconnait des voix, comme des prières et on semble assister à un rituel incantatoire orchestré par la percussionniste. Cette dernière frappe, fait sonner des cloches, racle le métal ou le bois mais la pulsation reste omniprésente, obsédante.
Le solo fait ensuite place au duo, celui formé par Simon Henocq et Luca Ventimiglia, Fantasia Nel Dessert. Ces deux-là nous immergent dans un univers électronique chaotique, fait de textures instables. On passe du bruit à des pulsations animales, de l’extrême aigu aux basses les plus sourdes. Frénésie, introspection, l’auditeur n’a pas de repos. C’est un dialogue qui déroute, dérange mais d’où jaillit une magie féroce.
Puis, vient le dernier round. Mené par un quartet inédit réuni autour de Peter Brötzmann, figure emblématique du free-jazz Européen. Le saxophoniste, qui fut l’un des plus grands représentants du style dans les années 60, aux cotés d’Evan Parker ou Don Cherry, était cette fois entouré de la jeune relève française. Yann Joussein à la batterie, Julien Desprez à la guitare et Antoine Viard au saxophone. D’emblée, les attaques sont tranchantes, incisives, pas d’observation donc mais de l’écoute. On part vers l’inconnu mais sans tâtonnements. Les sonorités fusent et se bousculent. On comprend que la musique est une prise de parole qui comporte des risques et, ici, chacun est audible car il est entendu."

Lucas Gaudin, élève de l'EDIM
2e année de C.O.P. Jazz (Cycle d’Orientation Professionnelle), saxophone 

 
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