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lun., 04 février 2019

dälek, 02/02, TCI

"À l’heure où le hip hop est le style musical le plus vendu et, par conséquent, le plus dévoyé, ce double plateau, Shabazz Palaces et dälek remettent le facteur sur le vélo. Même absence de compromis. Même frugalité du matériel en scène. Même vigilance politique des textes. Bon. Ok. Après l’abstract smooth rap des Shabazz Palaces, un set de Dälek, c’est tout de suite plus épais. L’afrospatiale a laissé la voie à une densité asphaltée. Les rebonds souples des backtracks ont laissés les enceintes au mur de son industriel. L’ecocup of tea a fait place à une bouteille de chimax (le prénom a été modifié ndlr). 
Dälek prend le rap, comme il l’a toujours fait depuis 98. Par la face urgente et puissante. En face, on fait un pas de plus dans la noyade du flow dans le mur sonore. McDälek skie d’évidence en chasse-neige et sans freiner avant les bosses. Derrière, le boulot de Mike Mare croise stoner façon My Bloody Valentine et musique drone et noise. Là encore, le manque de concession semble avoir été vendu avec l’ADN natif du trio. C’est épais, saturé de graisse et pourtant minimal et kolossal. Le son renvoie autant aux accointances du emcee avec les salves forgées par un Mike Patton (qui a accueilli sur son label Ipecac, quelques albums dont le dernier 'Endangered Philosophies') qu’avec les diagonales tirées par Björk (avec laquelle Dälek a collaboré sur 'Medúlla'). Dans ce long tunnel de son, on reçoit le portrait d’une americana indus et intranquille. On y entend surtout une forme de soulèvement de conscience. McDälek s’impose comme imprécateur contre les coiffeurs fans de mèches orangées, comme faiseur d’hymnes anti-patriotiques mais fédérateurs ('Beyond The Madness', 'Straight Razors'). Une forme de principe de réalité appliqué au hip hop. Mais attention pas la réalité qu’étirait sans rougir Téléphone à la fin d’Un autre monde. Nan nan. La réalité qui sent le bitume, le sang des bavures policières et les viscères qui remuent face à l’urgence qu’il y a à vivre. Lourd."
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"Hip hop is said to be the most sold and, consequently, the most misguided style. This double set, Shabazz Palaces and Dälek set the record straight. Same lack of compromise. Same political vigilance in the statements. But right. After the abstract smooth rap of the Shabazz Palaces, Dälek may seem thicker. Afrospace changed into asphalt density. The soft bounces of the backtracks have been converted into some kind of industrial wall of sound. The ecocup of tea has been replaced by a bottle of beer. 
Dälek takes rap, as they have always done since 1998, by the urgent and powerful side. In front of this, we take one more step in the drowning by the sound. McDälek seems obviously not having any brakes on his car. Behind him, Mike Mare's work crosses My Bloody Valentine style with drone and noise music. Here again, no concession seems to have been planned in the trio's native DNA. It's crowded, charmingly saturated and yet minimal and kolossal. The sound refers as much to the emcee's connections with Mike Patton’s roars (who hosted a few albums on his Ipecac label, including the latest 'Endangered Philosophies') as with Björk’s diagonal drawnings (with whom Dälek worked on 'Medúlla'). In this long corridor of sounds, we can read the portrait of an painstaking and anxious americana. Above all, there’s a consciousness that raises. McDälek reveals himself as a preacher against hairdressers who delights themselves with orange strands and as a moaner of unpatriotic but brotherly hymns ('Beyond The Madness', 'Straight Razors'). A form of principle of reality applied to hip hop. A reality that smells like asphalt, blood spilled by police violence and guts that stir in front of the urgency of the life. Heavy."
Guillaume MALVOISIN

 
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