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mar., 05 février 2019

Retour sur HAGL et Ambrose Akinmusire 

Une soirée haute en couleurs !

Heroes Are Gang Leaders
Le son du saxophoniste James Brandon Lewis a ouvert le bal vendredi dernier !
La salle de l’ECAM était pleine et le HEROES ARE GANG LEADERS "TRIBUTE TO AMIRI BARAKA" a annoncé la couleur de la soirée en proposant au public un concert où la musique et la poésie (engagée) ne font qu’un !
On pouvait observer le jeu entre les chanteuses et les poètes au devant de la scène, et les sept musiciens derrière, qui dialoguaient ensemble en créant de riches contrastes.
J’ai eu comme image que les morceaux du gang qui ont été joués sous forme de tableaux, dirigés grâce aux mouvements du poète et leader du groupe Thomas Sayers Ellis. Il y avait une connexion particulière entre eux ainsi qu’une volonté à la fois urgente et calme de partager leur message. Ils rendent hommage sur scène à une de leur icône : Amiri Baraka, devenu membre de l’Académie Américaine des Arts et Lettres et qui fut un ardent défenseur du Black Power et de la justice sociale. Cet écrivain, essayiste et dramaturge a notamment écrit Blues People: Negro Music in White America (1963), ouvrage que le HAGL a plusieurs fois mentionné lors de la tambours-conférence d’avant concert. Pour finir, ils nous ont expliqué l’essence de leur démarche comme un processus sans effort, qui répondait aux conditions sociales qui leur sont faites, en partageant le même état d’esprit et la même vision de créer ensemble.

Ambrose Akinmusire "Origami Harvest"
Le jeune trompettiste Ambrose Akinmusire a su nous emmener dans son nouvel univers.
Dans son dernier album “Origami Harvest” (“La récolte d’origami”) sorti chez Blue Note, ses arrangements apportent une nouvelle touche de modernité dans le Jazz.
Les compositions aussi sophistiquées que profondes démontrent une générosité sincère de la part d’Ambrose, d’autant plus lors de ses improvisations, qui comme il le disait il y a quelque temps : “Je pense plus que jamais que ce n’est pas vraiment moi qui joue, ce qui m’enlève un poids des épaules. Mon boulot c’est de faire tout ce qu’il faut pour que l’esprit puisse s’exprimer à travers moi. »
Une fois de plus dans son nouvel album, Ambrose s’est entouré de musiciens qu’ils connaît et côtoie depuis ses débuts, comme Justin Brown à la batterie, qui remplaçait d’ailleurs Marcus Gilmore, le batteur de l’album. Il y avait aussi Sam Harris au claviers et piano, qui a su jouer le rôle du bassiste de façon remarquable, de temps en temps épaulé par Ambrose lui-même! Les morceaux respirent et chaque musiciens a sa plage d’expression.
Il a su, à mon goût, créer un pont entre le jazz, le hip-hop et la musique classique.
Ce concert m’a comme transporté dans un espace intemporel, où les différentes sonorités instrumentales, notamment celles du quatuor à cordes new-yorkais Mivos, et les textes du rappeur KOKAYI m’ont plongés dans différentes époques, pour au final réaliser que cette musique est belle et bien actuelle!
Son message répond, comme il est écrit sur le site de Mr Akinmusire : “aux divisions de la société, à la façon dont notre politique nous tient émotionnellement en otage et à la liste de plus en plus longue de vies noires qui se sont terminées par un racisme structurel.” Il nous explique d’ailleurs le titre de son album : "Origami fait référence aux différentes manières dont les Noirs, en particulier les hommes, doivent se plier, que ce soit en cas d'échec ou 
pour s'adapter à un moule. Ensuite, j'ai eu un fils en écrivant ceci et j'ai pensé à ces cycles qui répètent: Harvest."

C’était la première fois qu’il le jouait en France !

A (re)découvrir sur scène !

Julien Dubois du Bellay, élève de l'EDIM
Première année de C.O.P. Jazz (Cycle d’Orientation Professionnelle), saxophone 

 

 

 
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