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27/01/2020
Chronique concert du 24/01. Eric Bibb Tribute to Paul Robeson

Guillaume Malvoisin / PointBreak

Eric Bibb
Eric Bibb © Thierry de Lavau

Le Blues est un état d’esprit, une disponibilité, disait Skip James. Un truc qui t’ouvre à l’autre. Ici, pour Eric Bibb, l’Autre prend sa majuscule réglementaire. Le concert de Villejuif est un hommage, tout en retenue et déférence. En plaisir, aussi, d’être engagé dans ce tribute to son godfather, Paul Robeson. Baryton basse politique, humaniste impénitent et homme à la bonté patenté. Robeson était aussi aigu en politique que surpuissant vocalement, allumant les écrans d’Hollywood comme les yeux des mineurs écossais. Moins bluesman que champion universel du chant populaire, de l’hymne spirituel ou révolutionnaire. Et dans ce blues noir très rouge, Bibb, chaloupant comme un Chaplin sur grand écran, paie son tribu à son parrain, aux luttes des anciens et à la force du répertoire avec une élégance très classe, tendance Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Bibb, ces dernières années, a, certes, marché dans les pas de son parrain, joué sur les mêmes scènes, rencontré les vivants ayant échangé des vues en direct avec le disparu, mais, chante-t-il :  « I got my own questions / Got my own rivers to cross ». Et de prendre le blues à la racine et bien plus tendrement qu’un dentiste le ferait d’un incisive. L’héritage politique est, bien qu’un planqué sous les couches évidentes de spirit, tout aussi très en verve chez le filleul. Ce dernier plaçait This Land Is Your Land sur l’album Migration Blues sorti la même année que celle où le Donald entrait à la White House. Petite saillie liftée, l’air de rien : « Vous savez mon parrain n’est pas un chanteur de blues, nous autres, ne sommes pas tous des chanteurs de blues. » dans les dents du cliché. Jean-Philippe Rykiel, rencontré au détour d’un précédent concert parisien, est venu prendre sa part dans cet hommage, en ami et aux claviers. Solo bouddhiste sur une version pétrie d’humilité de Go Down Moses, puis, avec Bibb, duo plus pénétré encore sur Sometimes I Feel Like a Motherless Child. Tété à la source l’influx venu d’en haut, le blues est, aussi parfois, un prêche.

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Blues is a state of mind, said Skip James. Something that opens you up to each other. Here, for Eric Bibb, the Other takes
the lawful uppercase. Villejuif's set is a tribute, full of restraint and deference. With also an obvious pleasure to be involved in this tribute to his godfather, Paul Robeson. Political baritone, impenitent humanist and man of patented goodness. Robeson was as sharp in politics as he was vocally overpowering, turning on Hollywood screens as Scottish miners’ eyes. Less bluesman than universal champion of popular song, folk, spiritual or revolutionary anthem. And in this very red black blues, Bibb, swaying like a Chaplin wandering on wide screen, pays his price back to his godfather, to the struggles of the elders and to the strength of the repertoire with a very classy elegance, in the style of Christian Workers. Genuine and dedicated. In past years, Bibb has followed the footsteps of his godfather, played on the same stages, met the living who have exchanged views live with the departed, but, he sings: "I got my own questions / Got my own rivers to cross". And to take the blues at its roots and much more tenderly than a dentist would do with an molar tooth. The political legacy is, although hidden beneath the obvious layers of spirit, lively there. Bibbplaced This Land Is Your Landon Migration Blues album, released the very same year the Donald entered the White House. A small, lifted shot, effortlessly: "You know my godfather is not a blues singer, we aren't all blues singers." Black’n’Blue, necesseraly ? Not quite Sure. Jean-Philippe Rykiel, met at a former Parisian concert, came to take his part in this tribute, as a friend and on keyboards. He performed a Buddhist solo on a humble version of Go Down Moses, then, sidekickin’ Bibb, a even more penetrating duet on Sometimes I Feel Like a Motherless Child. The blues is also a preaching.

 

 
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