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lun., 25 février 2019

Nasheet Waits "Children of The Star", 23/02, Créteil

Printemps 2018 à Bamako. Nasheet Waits se rend au Mali avec Tarus Mateen. Le duo basse/batterie prend langue avec des chanteurs et des percussionnistes. On est en pays Dogon, et la musique danse avec l’astronomie. On est au Mali, on y place, souvent, le berceau du blues. 'Children of the Star' sera nourri de cela, des des anneaux de Saturne, de groove pendulaire porté sur la recherche d’une hypnose à conjurer les beaux diables. Et d’histoire, aussi. 'Children of the Star' s’inscrit dans la lignée des projets de reconquête/exploration par la musique afro-américaine de sa racine afro. Citons pour esprits-repères qu’on imaginait flotter au-dessus de la Maison des Arts de Créteil Don Cherry, Randy Weston, Art Blakey, s’il fallait choisir.
L’Amérique ouvre le bal, quartet où s’ébroue un Ambrose Akinmusire, plus sweet plus apaisé qu’en ouverture de festival. Quartet ricain, d’abord pour attiser l’écoute puis très vite pour contredire la solennité installée. Le Mali prend le plateau et le public, à la hussarde, dirait-on s’il y avait des vestiges de méfaits Napoléoniens en Afrique de l’Ouest. Au sens de l’espace roachien de Waits s’ajoutent ses tentatives de conciliation d’histoires et de traditions. L’Afrique sait jouer free, et ce depuis l’invention du Free. Ce qu’on appelle jazz n’est qu’un magnifique schéma de dérivation à faire collapser le plus brillant des électriciens. Mais le dialogue se dissout justement dans ce jeu de dérivation, l’Amérique est rattrapée par les beaux diables et laisse l’Afrique en peine de trouver un peu d’espace d’expression. Printemps 2018 à Bamako. La connexion a été immédiate, la musique pour lien de fraternité. Certes, mais là en scène, à Créteil, il est assez dommage que le concert commence quand le set s’arrête.
Guillaume MALVOISIN

 
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