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lun., 25 février 2019

Retour sur les concerts de Eve Risser Red Desert Orchestra et Steve Coleman "Natal Eclipse"

Ce vendredi 21 Février à la Maison des Arts de Créteil, à l’occasion du dernier week end du festival Sons d’hiver, atmosphère et création étaient au rendez vous.
En première partie, Eve Risser et son Red Desert Orchestra nous invitaient dans leur univers musical. 6 hommes et 6 femmes (c’est important de le préciser) composent cet orchestre qui mélange traditions africaine et occidentale. Plus qu’un mélange, on peut parler de symbiose: dès qu’il commencent à jouer, on est enveloppé dans une atmosphère qui nous envoutera pendant une heure sans discontinuer. Si la magie opère, c’est aussi grâce à la diversité des techniques de jeu utilisées par les instrumentistes qui laissent leur individualisme de côté pour créer un univers collectif. Eve Risser trouve l’équilibre parfait entre improvisation libre et composition et nous livre une musique vivante, presque organique.
À mesure que le voyage se poursuit, s’ajoutent des sonorités plus modernes et électroniques (synthés, pédales d’effets, piano modifié permettant de diversifier les techniques de jeu), créant ainsi un mélange entre un temps très ancien et un futur proche. L’harmonie qui en sort fonctionne et nous fait penser l’avenir avec optimisme.
En restant discrète, Eve Risser guide, sans rien imposer, les musiciens et le public à travers ce voyage dans le temps et à travers les frontières.
On sort du concert comme d’un songe, détendu et fasciné par ce qui vient de nous arriver.

C’est avec Steve Coleman que notre soirée continue.
Ce concert inédit est l’occasion pour le saxophoniste de nous présenter son projet « Natal Eclipse ».

Dès le début du concert, deux choses attirent notre attention :

Tout d’abord l’absence de batterie interpelle, surtout dans la musique rythmiquement complexe de Steve Coleman. On comprend peu à peu que la contrebasse va assumer ce rôle, alternant néanmoins les passages de pilier rythmique avec des passages plus rubato (sans tempo défini) ou encore des solos improvisés.
Ensuite, une subdivision de l’orchestre en deux sous-ensembles nous parait visible avec d’un coté Steve Coleman, son trompettiste et son pianiste des Five Elements ainsi que le bassiste Greg Chudzik et de l’autre un quatuor de soufflants composés de musiciens majoritairement issu de formations classiques. Ces deux ensembles vont dialoguer et enrichir la musique de Natal Eclipse, qu’on pourrait définir comme la rencontre entre free jazz et musique contemporaine.
Si, à la différence de la première partie, chaque instrument est ici mis en valeur individuellement à son tour aux travers de solos tout au long du concert, ce procédé va rester au service de la musique dans son ensemble, va lui donner vie.
Comme chez Eve Risser, les thèmes des différentes parties — on parle de partie plutôt que de morceau en raison de la véritable volonté continuité qui caractérise ce projet et l’absence de vraie coupure entre deux morceaux — émanent de l’improvisation. Il est donc difficile de faire la différence entre ce qui est écrit et ce qui est improvisé.
Mais, comme devant un tour de magie, on lâche prise, et au lieu de vouloir comprendre, on veut rester émerveillé.

David Atger, élève de l'EDIM
En première année de C.O.P (Cycle d’Orientation Professionnelle jazz) 

 
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