aller au contenu
lun., 04 février 2019

Shabazz Palaces, 02/02, TCI

"Ce doit être le Palace 5 étoiles le plus abordable de la région. Les Shabazz, grands princes, affichent le menu avec une simplicité et une modestie éperdues. Tout est mis sur la table, le récit porté par le duo comme les outils nécessaires à sa floraison. Chorés carrées, Kirikou 2.0 et samples de jazz giants. Planète inconnue, volcanique météorite et patiente déconstruction de symboles hip hop. Abstract rap ? Sans doute, mais à un rythme où tout fait sens sans jamais rien concéder à la joliesse des choses y compris dans un des derniers tracks joués, le très gainsbourien 'Shine A light', où émergent les cordes empruntées au 'Really Love You' de Dee Dee Sharp. Parfait pour accompagner une partie d’Outrun sur Amiga. Le vintage et le roots ont une part prépondérante dans le rap palacé des Shabazz. L’espace aussi. Dès le début de cette longue montée soul et enragée qu’est le set piloté par Palaceer Lazaro et ‘Baba’ Maraire, le ton est donné. On sera loin de l’asphalte. Welcome aboard. Le vaisseau Shabazz Palaces a déjà décollé pour Amurderca et carbure à l’ésotérisme, à la culture pop et à l’afro-spirit. Sur scène, le strict minimum pour explorer cette version 2019 de l’afrofuturisme, courant fondé par quelques écrivains de science-fiction comme Octavia E. Butler pour mettre en perspective la black culture et l’apport des afro-américains dans l’art populaire made in USA. À noter, l’apparition de Sun Ra, père tutélaire au bonnet d’aluminium, aperçu souriant entre deux projections de courses poursuites et de voitures pimpées. D’images documentaires aussi, où le travail manuel quotidien comme les cérémonies venus d’Afrique viennent se caler sur les frappes de ‘Baba’ et la MPC de Palaceer. Le flow du dernier reste d’ailleurs en embuscade, dans la masse des basses surpuissantes. Shabazz a choisi de placer le spectateur près du réacteur. Si le mot ‘Feel’ s’affiche en milieu de set, ce n’est pas hasard. Shabazz livre un rap smooth, certes, mais physique. Livré comme ces conseils qui ressemblent à une claque sur l’épaule qu’on se file entre frangins. Pas de grand messe, donc, mais une discussion de coin de rue, à ceci près qu’elle a lieu sur la queue d’une comète en mouvement. Mike Ladd, croisé à la sortie, résumait le set par le slogan floqué sur son sweat « Africa is The future ». Pas mieux."
__________________

"It must be the most affordable 5-star Palace in the region. The Shabazz, generous as hell, display the menu with a great simplicity and modesty. Everything is clear on the table, the story told by the duo as the necessary tools for its full bloom. Square dances, 2.0 version of Kirikou anime and jazz samples versus unknown planets, volcanic meteorite and patient deconstruction of hip hop symbols. Abstract rap ? Undoubtedly. But where everything makes sense without ever conceding anything to the beauty of things, including for one of the last tracks , the gainsbourgian Shine A light, where the strings borrowed from Dee Dee Sharp's Really Love You lovely emerge. Vintage and roots have then a predominant part in the Shabazz's palace rap. So is Space. From the beginning of this long soul and raging rap ballad that is the set driven by Palaceer Lazaro and ‘Baba’ Maraire, the tone’s been set. We gonna be far away from the asphalt’s concerns. Welcome aboard. The Mothership had already taken off and is fuelled by esotericism, pop culture and a 2019 version of Afrofuturism, hello Octavia E. Butler! Note the appearance of Sun Ra, figurehead father of the show under his aluminum cap. His smile glimpses between images of chase races and pimped cars. Documentary images too, where daily manual work such as ceremonies from Africa are linked to the strikes of "Baba" and the MPC of Palaceer. The flow of the latter remains drowned in the overpowering basses. Shabazz chose to place the spectator near the reactor of their ship. The onset of the word 'Feel' in the middle of the set is no fluke. Shabazz delivers a rap that is smooth, for sure, but physical. Delivered like a slap on the shoulder that we give each other between brothers. No big mass, then, but a street corner discussion, except that it takes place on the tail of a moving comet. Mike Ladd, crossed then, summed up the set with the slogan flocked on his tee "Africa is The future". No better. No butters."
Guillaume MALVOISIN

 
loading...