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Vendredi 9 février • 20h
Théâtre Romain Rolland • Villejuif

Polyphonie - Palimpseste, 2017 - Fabienne Verdier

Trio Raulin / Bekkas / Biayenda

François Raulin • piano, mbira, composition
Majid Bekkas
• guembri, guitare, chant, composition
Emile Biayenda
• batterie, percussion

En nucléaire, on parle de fission, en jazz, on appelle ce genre explosif, la fusion. Fusion pour une déflagration aux allures de transe improvisée jusqu’au tournis. Jonction farouchement chaleureuse des harmonies de l’occident, avec l’hypnose gnawa et le beat des rythmes congolais. Polyrythmies complexes d’une folle maîtrise au piano, motifs au guembri pentatoniques et obsédants, batterie libératrice laissée aux mains d’un des maîtres tambour de Brazza. Trois cultures débarquent en scène, affairées à joindre leurs forces, à observer leurs points communs, à se jouer de leurs différences. Voici du jazz dansant sur la complexité complexes, élevant des petits monuments de fraternité. Du jazz portant beau et tirant une force inouïe des marges avec une poésie redoutable.

ENGLISH VERSION : As fission is to atoms, fusion is to jazz: it generates energy. The ferociously heated junction of Western harmonies, insistently hypnotic gnawa, and the beat of Congolese rhythms produces a conflagration with trancelike echoes, dizzy with improvisation. The piano lets loose with a barrage of complex polyrhythms; the guembri obsessively repeats its pentatonic themes; the drums, beaten by one of Brazzaville’s masters, pulsate with the sound of life and freedom. Onstage, three cultures busily join forces, observing their common ground, and embroidering on their differences. They produce danceable jazz on the complexity of these complexes, raising small monuments to brotherhood. Fearsomely poetic jazz, strong and proud, that holds its head high.

Polyphonie - Palimpseste, 2017 - Fabienne Verdier

Mulatu Astatke

Mulatu Astatke • compositions, vibraphone, percussions
James Arben
• saxophone, flûte
Byron Wallen • trompette
Danny Keane
• violoncelle
Alexander Hawkins
• piano, claviers
Matt Ridley 
• contrebasse
Richard Olatunde Baker
• percussions
Jon Scott
• batterie

Et si la grande course du monde n’était qu’une affaire de constance et de tempo ? Un maître comme Mulatu Astatke serait de ceux qui feraient tourner la Terre dans le bon sens. 80 ans qu’il y est, 60 ans qu’il y danse et influence pas mal de rejetons. De Nubiyan Twist au Jim Jarmusch de Broken Flowers, de Madlib à Earl Zinger, faussaire malin qui réinventa Yègelle Tezeta. Tous fans du groove faussement tranquille et statique, qui emprunte à l’Orient ses mélismes, à l’occident son pouvoir harmonique, aux Amériques leurs danses et insolences. Il introduit dans ce mix vibraphone et congas puis assemble le tout à la musique traditionnelle pour façonner son répertoire de prédilection : l’Éthio-jazz. À la baguette, Astatke mène son monde. Facilement reconnaissable mais difficile à imiter.

ENGLISH VERSION : Perhaps the great race of life is merely a matter of constancy and tempo. If so, a master like the Ethiopian vibraphonist Mulatu Astatke would keep humanity rolling along peacefully through the cosmos. At 80, the elder has been dancing for 60 years, influencing generations of kids, from Jim Jarmusch, director of Broken Flowers to Madlib and Earl Zinger, the artful counterfeiter who reinvented Yègelle Tezeta. They all dig Astatke’s seemingly static and smooth groove. Astatke introduced vibes and congas to melismata borrowed from the East, harmonic power from the West, and dance and sass from the Americas. Fitting it to traditional music, he created his Ethio-jazz. A high priest of music, he creates magic. Absolutely inimitable.

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