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Polyphonie - Palimpseste, 2017 - Fabienne Verdier

Benoît Delbecq 4 “Gentle Ghosts”
feat. Mark Turner, John Hébert & Gerald Cleaver

Benoît Delbecq • piano, composition
Mark Turner • saxophone
John Hébert • contrebasse
Gerald Cleaver • batterie

Sans être pointilleux, on peut être pointilliste. Ou même impressionniste pour ce grand admirateur de Claude Monet qu’est Benoît Delbecq. Impressionniste, le monde subtil et organique de Gentle Ghosts. Monde où le moindre blues pourrait avoisiner la magie suspendue des imaginery landscapes dessinés au piano préparé par John Cage. Striés, pesés, vifs. Gentle Ghosts repose sur une complicité de pleine évidence entre les musiciens, à la modestie exigeante. De celle qui vous pousse vers le fond plutôt que vers le décorum. Ce quartet quadrille son espace sonore avec une tendresse furieuse. Mais sans pression inutile. La liberté rythmique et le groove discret pourrait faire tomber de vraies larmes des yeux des pleureuses siciliennes. Impressionniste ? Impressionnant. Point.

ENGLISH VERSION : Delbecq, a great admirer of Claude Monet, is a musical pointillist, creating sound pictures with touches of musical color and timbre. The subtle, organic world of Gentle Ghosts is impressionnism for the ear and mind. There, the slightest blues might suggest the suspended magic of John Cage’s Imaginary Landscapes. Lively, but measured and ruled. These Gentle Ghosts float on the complicity that is evident between the musicians, who form an exacting circle of modesty. Not the holier-than-thou type of modesty, but rather humility and Zen essence : egolessness. The room pulsates with the furious tenderness of their song, the rhythmic freedom and discreet groove of which might charm tears from a statue. Impressionist? Simply impressive. Awesome.

Polyphonie - Palimpseste, 2017 - Fabienne Verdier

Ambrose Akinmusire “Owl Song”
feat. Gregory Hutchinson & Jakob Bro

Ambrose Akinmusire • trompette, composition
Jakob Bro • guitare
Gregory Hutchinson • batterie

Poto de Kendrick Lamar, disciple d’Archie Shepp, Ambrose Akinmusire possède cette science très classe d’un son velouté au service d’une conscience noire implacable. Se souvenir du set tiré d’Origami Harvest qui ouvrait magistralement l’édition 2019 de Sons d’hiver. Musique à tiroir, art subtil de la mélodie, posés sur des beats puissants, politique chevillée au pavillon, le trompettiste creuse le sillon d’une révolution musicale, complexe et limpide. Sa musique, pour ce concert livré à l’exercice si périlleux du trio, sera remise entre les mains d’un fidèle de l’avant-garde, le batteur Gregory Hutchinson, et d’un chantre de l’impressionnisme musical, le guitariste danois Jakob Bro. Tous trois, introspectifs, discrètement enragés, donc fascinants.

ENGLISH VERSION : Hailing from Oakland, California, Ambrose Akinmusire, a pal of Kendrick Lamar, disciple of Archie Shepp, masters the art of the lush velvet sound serving an implacable Black consciousness. Remember the set from Origami Harvest that opened the 2019 Festival Sons d’Hiver. Melodies within melodies, progressing on top of a powerful beat, and a progressive political vision characterize the revolutionary trumpetist’s music, complex yet clear. Trios are said to be daring feats of performance. Akinmusire will be backed up by a standard-bearer of the avant-garde, drummer Billy Hart, and an apostle of musical impressionism, Danish guitarist Jakob Bro. Shared introspection plus dignified rage equals fascination.

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